Dans le tout juste sorti biopic Gainsbourg – vie héroïque, Deborah
incarne Elisabeth Levitsky. La première épouse et amante éternelle de Serge
Gainsbourg inspira l’entêtante chanson Elisa. Aux côtés de Eric Elmosnino, extraordinaire dans le rôle de l’homme à la tête
de choux et de Laetitia Casta en copie conforme de Brigitte Bardot, la pétillante
brune de 24 ans montre déjà un sacré talent. Talent reçu en héritage pour cette
fille de réalisateur et petite-fille de comédiens. En tournage à Lisbonne pour
plusieurs mois, elle s’accorde une pause, le temps de répondre à nos green
questions et de revenir sur ses débuts de comédienne et d’éco-citoyenne.
DR
Question qui fâche : vous êtes la
petite-fille de Philippe Noiret, ça permet d’y arriver plus vite?
Elle ne me
fâche pas (rires)… Je fais doucement mon chemin, je n’ai jamais voulu utiliser
son nom. J’ai pris des cours de théâtre et je travaille depuis mes 17 ans. J’ai
tourné dans Les fautes d’orthographe,
mon premier long métrage, dans pas mal de téléfilms et de pièces de théâtre. J’ai
aussi vécu et tourné à l’étranger pendant deux ans, en Angleterre précisément. Je
n’ai jamais obtenu de rôle grâce à mon nom - mon père est réalisateur - ni
grâce à mon grand-père. J’ai dû faire des petits boulots comme tous les comédiens qui galèrent.
Je n’ai pas eu aucun traitement de faveur mais forcément, c’est inévitable on
me parle de lui.
Premier grand rôle au cinéma dans Gainsbourg : vos impressions ?
C’est vrai
qu’avec ce rôle je vais à la rencontre du grand public comme on dit. Mais pour
moi c’est surtout un souvenir intense, un tournage impressionnant et prenant. Eric
Elmosnino dans le rôle principal est criant de vérité. C’est un vrai bonheur de
lui donner la réplique et d’interpréter un personnage aussi charismatique
qu’Elisabeth Levitsky qui fut la femme, la maîtresse et la confidente de Gainsbourg.
Ce film est un joli conte bien plus qu’une biographie, je suis fière d’avoir fait
partie de l’aventure.
Vous
êtes jeune, vous sentez-vous concernée par les problèmes
environnementaux ?
Je le suis
devenue récemment pour vous dire la vérité, depuis quelques années, le message
est là, il devient plus important, nous sommes nombreux à nous sentir de plus
en plus concernés… Notamment par l’intermédiaire d’œuvres cinématographiques ou
visuelles, comme celles de Yann Arthus-Bertrand,
Nicolas Hulot, Al Gore, les films produits par Jacques Perrin, qui nous font prendre conscience de ce que nous
sommes en train de perdre… Cela nous a permis de nous mobiliser et d’agir. En
tout cas pour moi, c’est devenu une évidence et cela m’a donné une conscience
« écologique » que
j’inclus dans mon quotidien.
Association
d’idées : si je vous dis "écologie", quelle est la première chose qui
vous vient à l'esprit?
Je pense à
la nature, aux arbres, à l’océan, aux paysages et à préserver ma planète et ses
richesses.
Un monde « green » : ce
serait quoi pour vous ?
Ca sonne un
peu trop idéaliste… J’imagine que ce serait un monde où les hommes de pouvoirs pourraient enfin
s’entendre, prendre des décisions communes, importantes. L’échec de Copenhague nous a tous contrariés,
l’égoïsme total des grands dirigeants impossible de se mettre d’accord.
On verra si ça bouge en 2010 à Mexico…
Le
renoncement : la conscience écologique induit souvent qu'on renonce à
certains plaisirs ou certaines habitudes, pensez-vous que ce soit possible?
Et bien oui !
C’est possible mais à mon échelle, dans mon quotidien. Par exemple, je n’ai
volontairement plus de baignoire chez moi. C’est un plaisir auquel je renonce
sans en souffrir vraiment. A grande échelle, on nous a donné accès à tellement
de plaisir et de confort au fil du temps, il sera difficile pour les gens d’y
renoncer. Je pense à l’avion, je suis actuellement en tournage à Lisbonne, et je
dois faire beaucoup d’allers-retours, et je ne peux pas y renoncer même par
conscience écologique…
Déclic green: quel
a été le déclencheur pour vous?
J’ai été
très marquée par cette phrase : « depuis
1990, 9 millions d’hectares de forêt tropicale disparaissent chaque année.
C’est l’équivalent d’un terrain de football qui disparaît toutes les 2 secondes ».
Nicolas Hulot a aussi beaucoup contribué à mon intérêt et à me faire prendre
conscience de beaucoup de choses. Il ne cache rien, il montre des vérités
choquantes sur les conséquences de nos actes sur la nature. Il explique simplement comment nous, simples citoyens,
nous pouvons changer les choses au quotidien, de petits gestes parce que c’est
tellement simple et évident qu’à un moment, il faut simplement s’impliquer. Si
on s’y met tous…
L'écologie et vous : quel
est le geste écologique dont vous êtes la plus fière ?
Je n’en ai pas un en particulier, j’essaye d’en faire le
plus possible, des petites choses… Trier mes déchets, surveiller ma consommation
d’électricité, de chauffage étant en plus très frileuse, j’essaye d’acheter des
produits de saison. Je suis végétarienne, j’éviter d’acheter les espèces de
poissons en voie de disparition. Je privilégie aussi les matières et les produits
bruts sans packaging.
J'aimerais
être davantage écolo mais... Votre péché mignon pas écolo du tout ?
Mon ami a un
scooter, on le prend souvent, pareil pour l’avion, voilà !Et puis je parlais de bains tout
à l’heure, je vous avoue qu’à l’hôtel, à Lisbonne, de temps en temps, après une
journée de tournage, comme il y a une baignoire dans ma chambre je m’accorde un
petit moment de détente… Chut.
Écologie énervante : ce
qui vous agace dans l'utilisation du terme écologie ?
Je fais
régulièrement mes courses dans les magasins bio mais quand il m’arrive d’aller
dans les grandes surfaces, j’ai parfois l’impression que ces mots « écolo
ou bio» se banalisent, et qu’ils permettent juste au consommateur d’avoir bonne
conscience, parce qu’il le voit sur le packaging, alors qu’il ne faut pas
se limiter à ça. Il faut aussi (ré)agir.
Le consommateur citoyen: finalement,
dans tout ça, quel rôle doit-il jouer?
Si tout le
monde agit dans ce sens, il y aura forcément un changement, je suis vraiment le
prototype du consommateur citoyen touché récemment par la cause écologique,
donc, agir progressivement en incluant tous ces petits gestes, alors je suis
persuadée que les choses bougeront. Dans ma cour maintenant, les gens respectent
le tri sélectif. Il y a trois immeubles adjacents, et je les vois tous faire un
effort, c’est déjà ça.
Politique green : justement, si vous étiez élue présidente,
quelles mesures écologiques prendriez-vous?
Déjà, j’adapterai
le même système qu’à Londres, je ferai taxer l’entrée en voiture dans les grandes
villes. Ayant vécu 2 ans là-bas, j’ai bien vu la différence, il n’y a pratiquement
que des taxis et des bus. Et les voitures présentes sont plus écologiques.
Sinon, j’essaierai d’impliquer des gens mobilisés au pouvoir, ceux qui se
battent pour cette cause depuis longtemps.
Éducation écologique : comment
transmettre le message aux enfants?
Simplement,
comme on me l’a transmis à moi aussi. Par des images, des films, le visuel
c’est très important pour l’enfant et puis leur expliquer comment respecter la
nature, les gestes simples à faire.
Les messagers de l'écologie : pouvez-vous
me citer des œuvres qui vous évoquent le respect de la nature?
Des films
comme Microcosmos, Le peuple migrateur ou Océans de Jacques Perrin. Et puis je pense aux Walt Disney… c’est toute mon enfance avec de beaux paysages, une
morale même si ce ne sont que des dessins animés. J’aimerai bien que plus tard
mes enfants et mes petits-enfants puissent connaître la même nature que celle de mes parents et
de mes grands-parents
Vos
résolutions "green" pour l'avenir?
Je viens
d’emménager dans un nouvel appartement à Paris, je vais faire mon marché dans
le quartier, acheter des produits de saison, essayer de « déconsommer »
et être plus inventive. Je vais trouver le temps de faire mon pain moi -même,
installer un filtre à mon robinet et continuer à accumuler les petites choses
qui vont dans le bon sens. Je pense aussi à m’engager un peu plus auprès de la
cause… avec les bons organismes.
Vos
projets ?
Je suis
actuellement en tournage à Lisbonne pour la nouvelle série de Canal +, Maison Close. C’est l’histoire de trois
destins de femmes dans une maison close en 1870, dans le Paris communard…
Lisbonne est une ville écolo ?
Oui, bien
plus que chez nous, dans tous les centres commerciaux, les magasins, dans les
rues, on trouve des poubelles avec le tri sélectif... et les gens y font très
attention. Les plages sont très propres, les rues aussi. Les gens ne jettent
rien par terre.
Mais le mode
de vie est totalement différent. Les revenus sont moins élevés, les gens vivent
plus simplement, en harmonie avec la nature, avec la mer à côté. Les lisbonnais
sont beaucoup plus zens, souriants et avenants…Il y a aussi moins de grandes
surfaces et du coup plus de marchés. Les produits sont frais à l’hôtel, dans
les restaus. C’est un bijou cette ville.
Le shopping
de Deborah
Elle a craqué sur notre Feed Bag

Propos recueillis par Anne-Sophie Luguet-Saboulard, green interviewiste en chef
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